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Le métier de SEO

Publié le 18 janvier 2015

Une des questions que je me pose et que j’ai déjà un peu traité dans cet article, c’est le métier du SEO. Qu’est-ce que le SEO ? Mais surtout où s’arrête son périmètre ?

Evidemment, SEO voulant dire Search Engine Optimisation… on le définit facilement comme le regroupement de toutes les taches ayant pour effet d’affecter la visibilité d’un contenu sur les moteurs de recherche.

Les moteurs évoluent en permanence leur compréhension du web, Google regarde de plus en plus à travers l’œil de l’internaute, du client, du prospect (retour sur Google, Google Chrome, évaluation ergonomique, performance etc…).

Ce qui en résulte, c’est qu’il ne s’agit plus simplement et bêtement de  forcer sur le netlinking et penser à mettre les titres en h1 (La caricature est volontairement grossière).

La conception d’un site impacte le positionnement (infrastructure => performance, géolocalisation des serveurs, CDN), le webdesign impacte la visibilité (Ergonomie, responsive design), la présence sur les réseaux sociaux selon certains (même si comme dit ici j’en doute), la structure même du site (maillage interne), le contenu (choix des mots clé, densité, cooccurrences, etc…).

La question qui se pose, c’est dans tout ça… C’est quel est le rôle du SEO, doit il décider de tout ? Infra, développement, réseaux sociaux, ergonomie etc… Comment trouve t’il sa place entre l’ergonome, le rédacteur, le développeur, le community-manager etc.. ?

Démarche

Il n’y a pas de réponse absolue à cette question alors j’ai essayé de contacter plusieurs référenceurs sur le sujet, l’intérêt étant de confronter les opinions des différents acteurs du SEO sur la question…

La question telle que je l’ai posé

De plus en plus, nous disons que le SEO tend à rejoindre le marketing et la communication. Par exemple, nous avons des agences SEO qui mettent en place des stratégies sur les réseaux sociaux plutôt que des community-manager, ou encore qui parlent d’ergonomie plutôt que webdesigner & ergonomes. Il est indéniable que tous ces aspects influent de manière plus ou moins direct sur le SEO, mais jusqu’où irons-nous ? Une campagne tv influera elle aussi le SEO, pour autant est-ce à un expert SEO d’intervenir dans la réalisation d’un spot TV ?

Où doit s’arrêter le périmètre du SEO pour ne pas prendre le métier du community manager ou du communiquant, de l’ergonome ? Il me semble indispensable de définir le métier de l’expert SEO et cela passe par définir ou s’arrête son action.

Les réponses

Alexandre Santoni (Keeg.fr)

Quel est l’objectif du référencement / seo et quelle est la définition du métier ? Les questions centrales sont ici. Une fois qu’on dispose de ces définitions, la réponse pour savoir où s’arrête l’action seo est limpide.

Le référencement a pour objectif de disposer d’un maximum de visiteurs sur un site Internet via les résultats (naturels) des moteurs de recherche. Le référenceur met donc en place un ensemble d’actions, de stratégies et de techniques pour favoriser le référencement. On peut affiner ces quelques termes mais la logique est ici.

A partir de là, en tout cas pour moi, la suite coule de source : si le référenceur ou l’agence SEO juge que pour favoriser le référencement d’un site, la meilleure des actions selon son objectif est de faire nager un homme sirène en Alaska, alors c’est ce qu’il faut faire. Si j’en reviens à la réalité du terrain, oui, un référenceur ou une agence SEO peut tout à fait mettre le nez dans le marketing, le social ou même un spot TV dans la mesure où l’action est pertinente. Autre point fondamentalement important et connexe, il faut aussi que l’action soit dans la réalité des compétences du référenceur ou de l’agence de référencement. Sinon, ce n’est bien entendu plus une action pertinente et performante.

En parallèle, il ne faut pas omettre un point : le référencement, ce sont des actions mais aussi des préconisations. On préconise bien des architectures sans pour autant à tous les coups et pour certains d’entre nous, ne pas avoir le savoir technique pour la réaliser. C’est là où intervient le développeur. C’est la même chose pour l’ensemble de ces actions qui peuvent rentrer dans le cadre du SEO.

Evidemment et petit rappel tout de même, l’important au départ, ce sont les murs et non la peinture. Les fondements du SEO sont aussi plus que jamais d’actualité : crawl, architecture, optimisation, liens.

Je reviens sur le côté compétence face à ces actions : de notre côté, nous avons lancé nos propres sites e-commerce, ce qui nous permet, en plus de l’objectif pur d’un e-commerce, de développer un maximum de compétence complète en webmarketing pour les additionner ou les ajouter à notre palette d’expert référencement. Chaque personne de notre métier doit chercher à voir plus loin pour progresser et coller à la réalité de ce qui fonctionne vraiment en référencement, selon la typologie du client.

Sylvain Peyronnet (Peyronnet.eu)

Le problème et la richesse du SEO est que c’est une activité transverse, avec essentiellement deux volets : un volet développement dans lequel les bonnes pratiques pour la visibilité au sein des moteurs doivent être prises en compte à la création des sites, puis ensuite un volet maintien/augmentation de la visibilité qui fait du SEO une branche du marketing et de la communication.

Une fois réglé les problèmes triviaux de conformité SEO d’un site web, le SEO est un levier comme un autre du marketing.

On peut dire que le SEO n’est pas un métier, et d’ailleurs il n’y a que chez les freelances et les petits acteurs que toutes les tâches de l’optimisation pour les moteurs sont faites par une même personne. Il y a de nombreux métiers dans le SEO : netlinking, rédaction, développement, monitoring, analyse de données, etc. Et dire qu’on est expert SEO c’est un peu too much, car il est rare d’avoir des compétences au top dans tous ces domaines (ce n’est pas mon cas ;) et je ne crois pas connaitre de gens dans ce cas). En revanche, je connais de nombreux experts dans chacune de ces sous-branches, et je connais des gens avec des profils très polyvalents.

Je crois que le métier que tu sous-entends de manière implicite est celui de l’architecte SEO, qui est la personne qui va désigner la stratégie SEO pour un site web donné, de manière transverse à tous les autres métiers. Il s’agit généralement d’une personne qui n’est pas dans l’opérationnel mais plutôt dans le management, même si il connait tous les aspects, depuis le fonctionnement des moteurs jusqu’au techniques de communication.

Julien Berard (Lemusclereferencement.com)

Les limites du rôle d’un SEO sont en effet plutôt floue et empiète souvent sur d’autres sur d’autres discipline – c’est vrai – mais c’est aussi tout simplement parce que la gestion des campagnes dans les autres disciplines ont un impact plus ou moins direct sur les résultats que l’on peut obtenir en SEO comme tu le dis dans ton email.

Pour ma part je pense que les limites resteront plus ou moins floues en ce qui concerne les média sociaux – même si les moteurs ont eu tendance ces derniers temps à s’éloigner de ces paramètres  dans leurs algorithmes de pertinence, il se trouve que les sites de media sociaux peuvent jouer sur le SEO via les liens nofollow – et je te renvoie en parti a la définition du profil de liens pour mieux comprendre ce concept. Tout dépend aussi de ce que tu considères un media social ? Le blogging est-il social à tes yeux ? Ou non ? Par exemple. Youtube est-il un site social ?

Les limites aussi dépendent de la situation des SEO notamment de s’ils sont chez le client ou en agences – les agences auront tendance à la fois à limiter le rôle des SEO au strict minimum – pour des raisons de contrats – mais aussi à prendre en charge plus qu’elles ne le devraient avec des clients qui pourraient « saboter » les efforts SEO via d’autres média – donc comme tu vois c’est pas compliqué. Chez le client le rôle du SEO a en général des limites mieux définies dans la mesure où il y a des équipes qui gèrent les autres aspects.

Pour ma part, je suis chez l’annonceur et je pense que la discipline sur laquelle j’empiète le plus c’est l’ergonomie, ou l’UX tout simplement parce que nous « combattons » sur le même champ de bataille qui est le site et que même si nous avons des objectifs communs, parfois les moyens pour y arriver sont différents.  Par conséquent les modifications que j’apporte au site peuvent aller à contre-courant de ce qui va se faire sur l’ergonomie – c’est plus flagrant encore depuis les design responsive.  Pour exemple dans ma compagnie, le but de l’UX est de limiter au maximum et de mettre en image les liens du menu de navigation afin de simplifier le parcours des internautes – de mon côté sans dire que je cherche à augmenter le nombre de liens, je trouve qu’il simplifie trop et que cela peut nuire au transfert de « PR » – et il faut donc que nous compromettions chacun de notre côté.

Maintenant si on veut mettre des limites fixes sur le métier de SEO – mon avis – c’est qu’un SEO doit s’en tenir aux aspects techniques et sémantiques du site en Front End, avec juste quelques petites interventions au niveau serveur (vitesse, redirection, crawl) et un droit de regard et d’intervention sur les aspects liens et basta. S’il fait plus que cela un SEO va se disperser et cela va se sentir sur son travail et ses résultats.

Laurent Bourelly (SEO Rockstar)

La question de la place du SEO a toujours été d’actualité et encore plus maintenant avec les problèmes que nous avons connus vis à vis de l’évolution de Google. Il y a plusieurs manières d’aborder cette question et je pense que tout cela dépend surtout du profil du référenceur. Personnellement, je viens du marketing et de la communication. Pour moi, le SEO n’est qu’un vecteur de visibilité parmi tant d’autres. Je parle d’ailleurs de visibilité au sens global plutôt que de référencement au sens strict du terme. C’est à dire que pour moi, la finalité du positionnement dans le top 3 sur des mots-clés n’est vraiment qu’un sous-ensemble de toute une partie de la stratégie et de plus en plus, tous ces sous-ensembles s’imbriquent les uns dans les autres. Maintenant, c’est aussi peut-être la nature du métier qui fait ça, c’est à dire que le SEO est un « nouveau métier » qui s’est inventé et qui a toujours été plus ou moins coincé entre les stratégies du marketing, de la communication, du développement, des dirigeants etc…

Est-ce que nous pouvons continuer d’exister en tant que tel ? Personnellement je ne pense pas. Si vous regardez l’image ci-dessous, créée par Renaud Joly, référenceur chez un grand eCommerçant Français, vous réaliserez que le périmètre du SEO est très vaste :

Si nous devions vraiment fixer une limite, ce serait le fameux triptyque « Technique, Contenu, Popularité ». Concernant la Technique, là aussi le terme est très vaste et pour bien faire il faudrait connaître tous les tenants et les aboutissants de la performance, l’administration des serveurs etc… Au niveau du Contenu, il faut que nous soyons rédacteurs mais aussi copywriter, c’est-à-dire savoir faire des pages qui vendent. Pour la Popularité, je distingue trois niveaux en parlant de Popularité, Notoriété et Autorité et dans le volet Popularité, nous pouvons aller très loin, jusqu’à même parler du offline, de la relation presse et publique, ce que je fais avec certains clients. Avec d’autres je parle même de « branding », j’essaie d’améliorer leur message, la tonalité de leur voix et de bien cadrer leur image au sein de leur clientèle, notamment avec des exercices de profiling, c’est-à-dire le profiling de clients, afin de mieux connaître leur cible et de les faire toujours raisonner en terme de « demande » et non plus en terme « d’offre », ce qui est vraiment très important.

Il est clair que le référenceur doit être un communiquant avant tout, j’ai la chance d’être un petit peu touche à tout, c’est-à-dire que je ne suis pas forcément un super bon développeur, super bon ergonome, super bon rédacteur, super bon communicant mais je connais un petit peu tout l’éventail et surtout, cela fait suffisamment longtemps que je fais ce métier pour pouvoir, je pense, être capable de répondre à peu près à n’importe quelle question et résoudre n’importe quel problème de visibilité sur Internet. Mais pour cela, je suis toujours en formation, en recherche de nouvelles connaissances, par exemple l’emailing où je progresse rapidement mais où j’ai encore de grosses lacunes par rapport à certains confrères. Je parle aussi du référencement payant, cela fait dix ans que j’utilise AdWords et quelques autres vecteurs mais je ne me comparerai absolument pas à mes copains consultants SEA en disant que je suis à leur niveau.

Le métier de l’Expert SEO a commencé en optimisant des balises title et en faisant des inscriptions annuaires. Aujourd’hui, c’est un travail qui nécessite d’être multi-facettes et il faut hausser le niveau sur chacun des paramètres. Cela devient de plus en plus dur donc oui, bien entendu, le SEO peut passer par la création d’un spot TV ou pourquoi pas de newsletter papier comme je suis en train de faire avec certains clients. Il s’agit de réinvestir les boîtes aux lettres comme lieu propice de visibilité. En tous cas, c’est mon point de vue. J’admet tout à fait que certains SEO restreignent leur périmètre à faire le petit audit technique, les petites optimisations on page, on site et ensuite faire le tour de leur liste de petits spots backlinks. Aucun problème avec ça mais je ne pense pas que cela puisse durer encore longtemps, c’est une espèce clairement en voie de disparition. Ceux qui perdureront seront ceux qui sauront monter en puissance. Après, nous pouvons nous spécialiser, dire « Moi je ne suis pas technique mais par contre je suis expert en rédaction de contenu optimisé pour le référencement », ou alors « Je suis spécialisé dans le netlinking et les réseaux sociaux ». Pour répondre plus brièvement à la question, je pense que chacun peut décider de là où s’arrête son périmètre mais par contre si on regarde en valeur absolue, le périmètre est extrêmement large.

Conclusion

Avant toute chose, merci à vous quatre d’avoir pris le temps d’étayer vos réponses !

Sylvain et Alexandre semblent partager la même vision…

Tout ce qui impacte le positionnement moteur constitue le SEO, faut pas chercher plus loin !

Le référenceur freelance intervient en tant que consultant, et si c’est une agence, elle peut regrouper multiples compétences technique (développement, CM, etc…).

En d’autres termes, le SEO n’est pas un métier mais un corpus d’actions demandant les compétences de métiers.

D’ailleurs Sylvain en profite pour me faire un petit tacle et se moque de la désignation Expert SEO. Car en effet, si le SEO ne correspond pas à un métier précis, le terme expert seo devient soit dénué de sens soit extrêmement prétentieux.

Bon pour répondre rapidement sur l’abus de langage tout de même… le terme référencement plutôt que SEO est utilisé par tous les acteurs bien conscient, pourtant, de la nuance. De la même manière les intitulés de poste « Expert SEO » sont souvent utilisés plutôt qu’Architecte SEO ou encore Consultant SEO. Aussi, les métiers ne sont pas clairement définit comme ils peuvent l’être dans d’autres domaines. Ce serait d’ailleurs un très bon exercice que de lister les différents types d’expert SEO possible (« netlinkeur », Rédaction, maillage, coordination…).

Julien Berard, quant à lui, n’a pas de problème à définir le SEO comme un métier qui s’organise d’une manière plus ou moins différente selon le contexte.
Il conclut que s’il devait définir des limites, il vaux mieux bien travailler les fondamentaux plutôt que de trop s’éparpiller. Tout simplement parce qu’il est bien conscient de la vaste étendu du SEO.

En conclusion, une fois qu’on est ok sur la définition, l’important est de ne pas usurper les compétences d’autrui sous prétexte d’une casquette SEO. Soit on donne les clés (conseils) à ceux qui ont les compétences, soit on acquiert ces compétences (recrutement, formation).

Edit du 20/01/2015 :

Je fais une update puisque Laurent Bourelly, lui aussi, à eu la gentillesse de m’accorder du temps développer sa réponse. Réponse que j’ai ajouté à la suite. Il a une vision intéressante, car si je comprends bien : vis à vis du terrain vaste qu’est le SEO, il nous dit finalement : A chacun sa définition du SEO, fonction de son profil.

En effet plutôt que de se dire, « le SEO est tellement vaste qu’il dépasse le statut de « métier » pour devenir un corpus de métier », on pourrait se dire : si l’on considère le SEO comme un métier : le liant des SEO, c’est l’objectif commun de performer sur les moteur… à partir de là, l’expert SEO est un compétiteur, à chacun sa manière d’attaquer le sujet, et fonction de ça, les compétences demandées sont donc différentes.

  • http://www.laurentbourrelly.com/blog/ LaurentB

    Merci encore pour ton invitation.

    Je rajouterai une citation de Roland Debrabant : « un bon SEO est celui qui arrive à faire appliquer les précos ».

    • SylvainP

      +27 pour la citation, et c’est parfois très dur ;)

      • MitsuC

        Oui et la partie la plus ingrate en fonction de celui qu’on à en face :/.
        Sinon c’est un plaisir Laurent.

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